Le dernier titre de Sam Barlow, Immortality, repousse les limites entre le cinéma et le jeu vidéo en utilisant des images réelles (FMV) comme support visuel principal. Loin d'être un simple film interactif, l'œuvre s'appuie sur le moteur Unity pour appliquer un post-traitement avancé qui simule des émulsions de celluloïd 35 mm et 16 mm. Cette approche confère non seulement au jeu une texture filmique authentique, mais transforme l'expérience en un laboratoire de narration visuelle où chaque image est un indice.
Post-traitement technique : de Davinci Resolve à Unity en temps réel 🎬
Le processus créatif derrière Immortality démontre une synergie parfaite entre le flux de travail cinématographique traditionnel et la technologie des jeux vidéo. L'équipe a utilisé Final Cut Pro pour le montage des images et Davinci Resolve pour l'étalonnage numérique, où des courbes de couleur et un grain spécifiques ont été appliqués pour imiter l'aspect des films des années 70. Par la suite, ces réglages ont été intégrés dans Unity via des shaders personnalisés qui reproduisent le virage de couleur et la texture du celluloïd en temps réel. Le résultat est un look qui change subtilement selon la scène, brisant la froideur numérique habituelle et plongeant le joueur dans une esthétique d'archive perdue.
La narration invisible du son et de l'émulsion 🎧
Au-delà du visuel, la conception sonore réalisée dans Logic Pro agit comme un narrateur silencieux. Les dialogues ont été traités avec des égaliseurs simulant des microphones d'époque, tandis que les ambiances intègrent une distorsion analogique et un bruit de bande. Cette couche auditive, combinée au grain de l'émulsion 16 mm, génère une sensation d'authenticité documentaire qui renforce l'intrigue mystérieuse. Dans Immortality, le post-traitement n'est pas un ornement technique, mais le véhicule qui transporte le joueur vers une archive filmique oubliée, démontrant que la technique au service de la narration est la véritable protagoniste.
Le concept d'autorité cinématographique peut-il être transféré à la conception d'un jeu vidéo comme Immortality, ou est-ce le joueur qui réécrit la narration en manipulant les images classiques ?
(PS : La prévisualisation au cinéma, c'est comme le storyboard, mais avec plus de chances que le réalisateur change d'avis.)