Il y a plus de quatre décennies, Shigeru Miyamoto, le légendaire créateur de Mario, pointait déjà une erreur fondamentale dans le développement de jeux vidéo : l'obsession pour le réalisme. Dans une interview de 1989, il arguait que de nombreux titres qui priorisaient des animations fluides et réalistes au détriment de la jouabilité finissaient par être des échecs. Pour lui, l'essence ne résidait pas dans l'imitation de la physique du monde réel, mais dans la sensation que procure le jeu au joueur. Cette philosophie, née aux aurores de l'industrie, reste un pilier crucial du design.
La crédibilité de l'absurde : physique de dessin animé 🎨
Miyamoto illustra son point avec l'évolution du saut de Mario. Dans Donkey Kong, le plombier sautait sa propre hauteur, ce qui était plausible. Dans Super Mario Bros., ce saut s'est multiplié, abandonnant toute prétention de réalisme physique. La clé n'était pas la fidélité, mais la création d'un monde avec des règles internes cohérentes et crédibles dans leur propre absurdité. Pour y parvenir, Miyamoto ne s'est pas tourné vers la science, mais vers le cinéma comique et l'animation classique, en particulier des séries comme Tom et Jerry. Ces dessins animaient présentaient des situations extraordinaires sous une logique acceptée par le spectateur, une leçon vitale pour concevoir des mécaniques amusantes et mémorables dans un média interactif.
L'industrie a-t-elle appris la leçon ou répète-t-elle l'erreur ? 🤔
Aujourd'hui, avec des capacités graphiques photoréalistes, la réflexion de Miyamoto est plus pertinente que jamais. L'industrie tombe souvent dans le même piège, assimilant budget et qualité à la fidélité visuelle, parfois au détriment de l'innovation en jouabilité. La leçon intemporelle est claire : la technologie doit servir l'expérience ludique, et non l'inverse. Les principes de l'animation classique qui ont inspiré Nintendo restent des outils essentiels pour créer des mondes impossibles qui, cependant, nous semblent profondément crédibles et, surtout, amusants à habiter.
Comment pouvons-nous appliquer aujourd'hui la philosophie de Miyamoto de prioriser la jouabilité sur le réalisme graphique dans le développement de jeux modernes avec des technologies comme le Ray Tracing et l'IA ?
(PD : les game jams sont comme les mariages : tout le monde est heureux, personne ne dort et tu finis par pleurer)