L'auteur-compositeur-interprète Mo Sabri a grandi dans le Tennessee en écoutant Kenny Rogers et Dolly Parton, mais chez lui résonnait le qawwali, la musique dévotionnelle soufie de ses parents pakistanais. Cette fusion culturelle définit son identité d'Américano-Pakistanais et de musulman. Sa proposition musicale ne cherche pas à être une rareté, mais un reflet honnête d'une vie partagée entre deux traditions qui, pour lui, ont toujours coexisté.
Comment fusionner deux mondes sans plugin de mixage 🎛️
D'un point de vue technique, la production de Mo Sabri fait face à un défi d'égalisation et d'arrangements. Les guitares acoustiques du country occupent généralement les fréquences médiums, tandis que l'harmonium et les tablas du qawwali se concentrent sur les graves et les aigus. Pour éviter qu'un instrument n'en masque un autre, un panoramique minutieux et une compression multibande sont nécessaires. De plus, la métrique rythmique change : le country utilise des mesures à 4/4, tandis que le qawwali emploie des cycles de 7 ou 16 temps. La clé réside dans le respect des motifs de chaque genre sans forcer une synchronie artificielle.
L'algorithme de Spotify ne sait pas si c'est du folk ou du soufisme 🤖
Mo Sabri doit avoir un sacré casse-tête avec les tags de genre sur Spotify. Imagine l'algorithme de recommandations essayant de décider si sa musique va dans la playlist Acoustic Chill ou dans celle des World Sufi Vibes. Le plus probable est qu'elle finisse dans une liste de chansons pour méditer en conduisant un pick-up. Au final, le pauvre algorithme abandonne et l'étiquette comme Expérimental, ce qui, dans le monde numérique, revient à être le tiroir fourre-tout où tout s'emboîte et rien ne s'emboîte.