Hamaguchi apporte à Cannes un drame de trois heures sur lart, le capital et les personnes âgées

17 May 2026 Publié | Traduit de l'espagnol

Ryūsuke Hamaguchi revient à Cannes avec All of a Sudden, un film de plus de trois heures qui entremêle restructuration sociale, pouvoir de l'art et impact du capitalisme. L'histoire suit le lien entre la directrice d'une maison de retraite à Paris et une dramaturge japonaise atteinte d'un cancer en phase terminale. C'est sa première œuvre tournée en partie hors du Japon, combinant préoccupations existentielles et critique sociale et environnementale, et intégrant la philosophie Humanitude sur le soin des personnes âgées. Il concourt pour la Palme d'Or.

femme âgée dans un lit de maison de retraite parisienne, tenant un script de théâtre tandis qu'une jeune dramaturge japonaise ajuste une lampe de chevet, les deux personnages encadrés par une fenêtre montrant les toits de la ville, un ordinateur portable affichant un plan architectural numérique sur un bureau à proximité, style photoréaliste cinématographique, éclairage intérieur chaud contrastant avec la lumière extérieure froide, faible profondeur de champ, textures de tissu douces, écran de moniteur médical avec un graphique subtil des signes vitaux, illustration technique de la philosophie du soin, intensité émotionnelle silencieuse

Humanitude et capitalisme : la technologie du soin face à la précarité 🏥

Hamaguchi intègre la philosophie Humanitude, une approche des soins gériatriques qui privilégie la communication non verbale, le regard et le toucher comme outils contre la déshumanisation. Dans le film, cette méthodologie se heurte à la logique capitaliste qui réduit les personnes âgées à des coûts et des délais. Le réalisateur filme avec des plans longs et statiques qui obligent le spectateur à contempler le temps réel des soins, face à l'accélération productive. Une critique technique d'un système qui valorise davantage l'efficacité que la dignité.

Trois heures de métrage : quand ta grand-mère te raconte sa vie sans pause publicitaire ⏳

Trois heures pour parler de maisons de retraite et de capitalisme. Hamaguchi a décidé que le public ressente dans sa chair ce qu'est le temps du soin : lent, répétitif et sans possibilité d'avancer. Si tu sors du cinéma avec un lumbago, tu auras compris le message. La prochaine fois que ta grand-mère te demandera de lui rendre visite, souviens-toi que tu pourrais regarder un film plus court. Mais non, Hamaguchi t'oblige à l'accompagner jusqu'au bout.