Farhadi et la fiction : quand la réalité dépasse le scénario

16 May 2026 Publié | Traduit de l'espagnol

Asghar Farhadi revient en Compétition avec Histoires parallèles, un film qui examine comment nous construisons des fictions pour supporter le réel. Le cinéaste iranien montre des personnages dont les récits personnels se heurtent à un monde qui, selon lui, continue de se réveiller avec la nouvelle de nouveaux innocents assassinés. Une réflexion sur le pouvoir de l'imagination face à la barbarie quotidienne.

Iranian filmmaker Asghar Farhadi standing before a cracked cinema screen, holding a torn script page while real war footage bleeds through the fracture, characters from his film frozen mid-gesture behind him, a child’s drawing of a dove pinned to a wooden editing table, editing software timeline showing overlapping narrative clips, cinematic photorealistic style, dim editing suite lit by monitor glow, dust particles floating in beams of light, emotional tension, ultra-detailed textures on fabric and paper, dramatic chiaroscuro lighting

La technologie comme scène de nos fictions parallèles 🎭

Farhadi utilise des ressources techniques précises pour illustrer la dualité entre le raconté et le vécu. Des plans-séquences qui isolent les personnages dans leurs bulles numériques, des montages qui alternent réalité et fantaisie avec des coupes sèches, et une utilisation du son ambiant qui rappelle le bruit de fond des réseaux sociaux. La mise en scène reflète comment les outils modernes amplifient nos histoires mais aussi les déforment, créant des couches de fiction qui cachent parfois la vérité.

Spoiler : la réalité n'a toujours pas de correctif de sécurité 🛡️

Alors que Farhadi nous raconte comment l'imagination peut nous sauver, le monde réel s'obstine à surpasser n'importe quel scénario d'horreur. Le réalisateur déplore que chaque matin il y ait de nouveaux innocents assassinés, mais au moins nous pouvons nous consoler en pensant que, si tout échoue, nous pourrons toujours écrire une fin alternative. Bien sûr, qu'il ne nous vienne pas à l'idée de demander un reboot de la réalité : nous avons déjà vu comment le précédent s'est terminé.