La reconstruction mandibulaire à l'aide de plaques de titane est une procédure courante, mais une défaillance mécanique peut transformer une chirurgie de routine en un cauchemar médico-légal. Nous analysons un cas où une fracture par fatigue à faible cycle, provenant d'une entaille de pliage, a compromis l'intégrité de la plaque. Le mystère a été résolu en combinant la segmentation avec 3D Slicer et la simulation par éléments finis dans Abaqus, révélant le point exact de concentration des contraintes.
Pipeline 3D : de la tomographie à l'analyse de défaillance structurelle 🛠️
Le processus commence par la segmentation du modèle osseux à partir d'un CBCT en utilisant 3D Slicer, générant un STL propre. Celui-ci est importé dans Abaqus pour créer un modèle par éléments finis. Des charges physiologiques de mastication sont appliquées et le matériau de la plaque (Ti-6Al-4V) est défini. L'analyse révèle que la zone de pliage peropératoire agit comme une entaille géométrique, générant un facteur de concentration de contraintes (Kt) proche de 2,5. Cela transforme un cycle de charge normal en une fracture par fatigue à faible cycle après seulement 5000 cycles.
La pince à plier les plaques : un ennemi silencieux aux mâchoires acérées ⚠️
Le chirurgien, avec toute l'intention d'ajuster parfaitement la plaque, a appliqué un pliage à froid qui a laissé une marque microscopique. Cette petite rayure, fruit d'un excès de confiance et de pinces non conçues pour cela, est devenue le point zéro du désastre. La morale est simple : si vous pliez une plaque comme si c'était un trombone, ne soyez pas surpris qu'elle se casse comme tel. L'os, au moins, n'est pas en cause.