Quand le Docteur Strange perd sa magie

Publié le 19 January 2026 | Traduit de l'espagnol
Doctor Extraño en cómics con falta de magia y profundidad

Quand le Docteur Strange perd sa magie

Si vous êtes fan des comics du Docteur Strange, vous vous êtes sûrement déjà rendu compte que les choses ne vont pas pour le mieux. Dans ce cinquième tome, cette sensation de série perdue est plus présente que jamais. Après le départ de Steve Ditko, qui fut celui qui donna identité et atmosphère aux premières aventures, ce qui nous reste maintenant semble plus une tentative de maintenir le personnage en circulation qu'un projet avec une véritable intention créative.

Une succession d'histoires sans âme

Nous ouvrons le tome exactement là où s'est terminé le précédent, avec un affrontement entre Stephen Strange et le Tribunal Vivant. La mission, sauver Victoria Bentley, un personnage qui tente d'être la compagne habituelle du Docteur, mais qui ne décolle jamais vraiment. L'intrigue continue avec le duel typique contre Barón Mordo et l'apparition de Nebulos, une créature extradimensionnelle qui ne laisse pas non plus de trace. Et comme si cela ne suffisait pas, on introduit un nouveau villain, Yandroth. Imaginez le revers scientifique du Sorcier Suprême... mais l'affrontant à un robot, dans une histoire qui conviendrait mieux à une série de Iron Man qu'à celle du Maître des Arts Mystiques.

Du mystique au routinier

Ce qui étaient auparavant des voyages oniriques à travers des dimensions impossibles se réduit maintenant à des combats physiques et à la résolution de conflits presque manuels. Le Docteur Strange n'explore plus de réalités alternatives ou de concepts philosophiques, mais se limite à lancer des sorts comme on lance des combos dans un jeu vidéo. La magie, au lieu de se sentir comme une force mystérieuse, semble être un outil de combat de plus, comme le bouclier du Capitaine Amérique ou les filets de Spider-Man.

Une transition en attendant des temps meilleurs

Dans ce volume, nous voyons aussi le changement éditorial que Marvel a vécu à la fin des années 60. Strange Tales se transforme en la série propre de Doctor Strange, tandis que Nick Fury part de son côté. Et pour inaugurer cette nouvelle étape... nous revenons à l'origine du personnage, racontée une fois de plus par Roy Thomas et Dan Adkins, mais sans l'étincelle ni l'impact de la version originale de Ditko.

Ce tome est comme appliquer un shader plat à un modèle 3D qui avait auparavant des textures, un éclairage et un post-traitement faits avec amour. Ça fonctionne, mais il lui manque une âme. Si Ditko donnait au Docteur Strange un rendu avec ray tracing émotionnel, ici nous restons avec un viewport en mode wireframe. Et bien sûr... comme ça, personne ne ressent la magie 🎩.