Pendant des siècles, le hennissement du cheval a présenté une énigme acoustique. Il contredit la norme selon laquelle les animaux grands émettent des sons graves, car il s'agit d'un ton aigu qui, en outre, se propage à longue distance. Ce son dual, utilisé pour exprimer des états émotionnels, a déconcerté des naturalistes comme le Comte de Buffon. La physique traditionnelle ne parvenait pas à expliquer comment un son si aigu pouvait voyager si loin, maintenant le mystère sans une réponse mécanique claire.
Simulation par ordinateur et dynamique des fluides révèlent le mécanisme 💻
La solution est arrivée avec des modèles computationnels avancés et l'étude de la dynamique des fluides dans les voies respiratoires supérieures du cheval. Les chercheurs ont découvert que le hennissement est généré par une combinaison de deux types de flux d'air dans le larynx : flux laminaire et flux turbulent. Le premier produit le ton de sifflement stable, tandis que le second génère les fluctuations de chant. Cette interaction crée le son biphasique caractéristique, qui est projeté efficacement grâce à la forme du tractus vocal équin.
De Buffon au rendu : quand un cheval a besoin d'un superordinateur 🖥️
Il est curieux de penser que pour comprendre un son qui accompagne l'homme depuis la préhistoire, nous ayons eu besoin de clusters de traitement et d'algorithmes de CFD. Tandis que le Comte de Buffon observait avec l'oreille attentive et la plume en main, aujourd'hui une équipe de scientifiques exécute des simulations qui consomment plus d'énergie que celle utilisée par le cheval pour hennir. Il semble que la nature, parfois, garde ses secrets derrière une porte qui ne s'ouvre qu'avec une carte graphique haut de gamme.