Dans les rédactions ghanéennes, les femmes journalistes arrivent avec la même énergie et le même talent que leurs collègues masculins, mais découvrent rapidement un obstacle invisible. Le harcèlement, les stéréotypes et le manque d'opportunités pour couvrir des sujets politiques ou de sécurité limitent leur progression. Malgré leur dévouement, beaucoup sont reléguées aux sections dites « soft », tandis que leurs confrères avancent dans leur carrière.
La technologie comme outil d'évasion et de résistance 🛠️
Face à ces barrières, certaines journalistes utilisent des outils numériques pour contourner le filtre éditorial. Elles utilisent des applications de messagerie chiffrée pour partager des sources confidentielles sans crainte de représailles. Elles emploient également des plateformes d'édition collaborative dans le cloud pour publier des reportages d'investigation en dehors des heures de travail. Cependant, l'accès limité à Internet dans les zones rurales et le coût des équipements comme les caméras ou les enregistreurs de qualité restent un frein. La fracture numérique double la fracture de genre.
L'astuce infaillible : être invisible mais efficace 🕵️♀️
La stratégie la plus populaire parmi les reporteres ghanéennes est de devenir invisibles. Littéralement. Certaines ont appris à utiliser des filtres vocaux pour interviewer des politiciens sans qu'ils sachent qu'une femme est au bout du fil. D'autres envoient leurs articles sous des pseudonymes masculins. Le comble de l'ironie : lorsque le chef découvre que l'article de une a été écrit par une femme, il fait une tête comme s'il avait reçu un coup de micro. Au moins, le salaire arrive pareil, même si le crédit, lui, n'est pas au rendez-vous.